Mes balades dans Paris
Des guerriers Bantus surveillent le boulevard Saint-Martin
Les parisiens fréquentant assidûment le Xème arrondissement de la capitale auront remarqué qu’un immeuble de bureaux du boulevard Saint Martin, à deux pas de la place de la République, arbore de fiers guerriers Bantus sur sa façade.
Cette réalisation est l’œuvre de Kouka (HEC). Le bâtiment en question est squatté depuis plusieurs mois. Rebaptisé le château d’Albatart par ses occupants, il fait l’objet d’une procédure d’explulsion. Les jours du squatt’ sont comptés.
Le château d’albatart était un lieu ouvert au public au début de l’année.
Plusieurs portes ouvertes y ont même été organisées. Concerts, expositions, ateliers, des dizaines d’artistes y ont trouvé un lieu de travail ou de présentation de leurs œuvres. Kouka, par exemple, s’est vu attribué toute une aile du rez-de-chaussée.
L’espace et les échanges. Ce sont les deux raisons qui ont poussé Kouka à venir s’installer ici. Il dit : « ma plus grande crainte est de finir cloîtrer dans un atelier et de ne voir personne. » Pour les échanges, il est servi: « pendant les portes ouvertes, entre les amis des artistes, les gens du quartier et les passants, on attire beaucoup de monde. »
Depuis que le squatt est interdit au public, les artistes et les habitants ont progressivement déserté les lieux. Que vont faire les artistes ? Migrer vers un autre espace. Jusqu’à la prochaine expulsion.
Kouka dans son "atelier" à côté d'un de ses guerriers Bantus.
Et aujourd'hui ? Où en est "Le Château d'Albatart" ?
- "Il faut sauvegarder les vitres de l’immeuble du 40 rue René Boulanger à Paris, car cette œuvre symbolise l’existence d’une culture alternative. Aujourd’hui la ville de Paris se dit favorable au street art mais les initiatives se font dans des cadres institutionnels, voire privés." (Kouka)
- "J’ai peints ces 77 guerriers bantus, un par un, sans pochoir et sans autorisation, sur une initiative personnelle. Contrairement à beaucoup d’œuvres que l’on qualifie de « street art », cette intervention n’est ni une commande, ni une simple décoration mais une véritable performance qui a été réalisée alors qu’un groupe d’artistes avait pris possession d’un immeuble à l’abandon depuis des années. Aujourd’hui, les artistes ont été expulsés mais l’œuvre est toujours présente. Elle symbolise ainsi la mémoire du lieu, de la vie qui s’y était installée, des hommes et des femmes qui ont contribué à faire vivre la culture au sein de cet espace.Enfin la sauvegarde de cette œuvre soulève une question importante qui ébranle la notion de propriété et le marché de l’art." (Kouka)
* Pour en savoir plus sur "Le Château d'Albatart" : http://www.fatcap.org/article/le-chateau-d-albatart.html